13 mai 2022
Rêve

J’étudiais la véritable histoire de la Terre avec un petit groupe de paléontologues visionnaires, dont une nouvelle hypothèse postulait davantage d’ères préhistoriques que ce à quoi s’en tenait la vulgate, et une succession bien plus longue de périodes et de civilisations — depuis les sauriens et mammifères marins colossaux aux extraterrestres en escale, en passant par des peuples d’architectes aux savoirs extrêmement avancés. Toutes, lorsqu’on observait bien, connaissaient le même cycle de croissance et de dégénérescence : c’était donc également ce qui nous attendait, et mieux valait s’y préparer.

La minorité éclairée que j’avais rejointe en dilettante avait d’ailleurs découvert, ou publié elle-même, un ouvrage illustré qui lui servait de preuve et de boussole : la planète n’avait pas toujours eu la même taille et, autrefois beaucoup plus volumineuse, avait été en grande partie recouverte par des océans dont les lois obéissaient plus directement à celles de l’univers.

J’arpentais donc à petite allure les rues de ma ville natale par cette fin d’après-midi hivernale, contemplant avec d’autant plus de curiosité les futurs vestiges d’un énième cycle planétaire, et profitais des reflets orangés du soleil sur le haut des façades, sous un ciel sans nuage.


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